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Je ne suis pas un astronaute (titre provisoire – en chantier)

1ÈRE MISE EN ORBITE : MARS 2018 AU CENTRE NATIONAL D’ÉTUDE SPATIAL

La performance proposée au Festival Sidération 2018 fait partie de la recherche plus vaste de Je ne suis pas un astronaute. Elle est orientée selon le thème du festival : Anecdotes et faits divers.

Avant l’avènement d’Internet il était difficile de partager au monde entier ses anecdotes, ses faits divers, ses prouesses personnelles. Aujourd’hui, c’est à la portée de tous. Il y a des constellations de faits divers, des galaxies d’anecdotes sur Internet.
Dans mon théâtre numérique je branche mon ordinateur à Internet, je me relie au monde, je puise mon théâtre dans la soupe mondiale connectée. Cela m’aide à me perdre dans mes fantasmes. L’un de mes fanstasmes est d’ailleurs très commun, c’est d’être un astronaute.
Ma performance de théâtre numérique proposée au Festival Sidération articulera anecdotes spatiales et faits divers personnels. Je chercherai sur Internet, j’exhumerai mes archives numériques et je me poserai la question de savoir si le Monsieur Tout-le-Monde que je suis a pu influencer la conquête spatiale, ou si la conquête spatiale a influencé le Monsieur Tout-le-Monde que je suis. N’y a t-il pas d’ailleurs quelque chose de troublant quand on sait que Jean-Loup Chrétien, premier astronaute français, est rentré en France après son voyage orbital le 6 juillet 1982 ? Exactement deux ans avant ma naissance…
Raphaël Gouisset

OBJET THÉÂTRAL ARTISTIQUE EN ORBITE

Conception Raphaël Gouisset
Durée 91 min et 30 sec / Tout public
Dossier

Je ne suis pas un astronaute sera un objet artistique théâtral en orbite où le focus sera fait sur mon espace mental personnel, lui même compris dans notre espace terrien limité, lui même perdu dans l’espace intersidéral infini.

La scénographie s’appuiera sur la projection d’un streaming vidéo en provenance de la Station Spatiale Internationale (ISS). Ce streaming montre généralement la Terre, vue de l’ISS, avec en amorce une partie de la station. Cette projection sera couplée avec du mapping qui permettra de lui faire épouser la surface de mon corps, ou au contraire de faire en sorte que celui-ci soit exclu de cette projection.

FAIRE LA RÉVOLUTION

Pendant 91 minutes et 30 secondes, qui sera la durée de la performance, je prétendrai être un astronaute. Pourquoi un minutage aussi précis ? Parce que c’est le temps de révolution de l’ISS autour de la Terre.

Je prendrai de la hauteur pour résoudre la problématique de ma vie et celle du genre humain. Seule l’écriture du spectacle nous dira si j’arriverai à mes fins, si ma réflexion poétique dessinera un cercle ou une sinusoïde, si j’apporterai des réponses ou si au contraire je ferai germer d’autres questionnements métaphysiques dans la têtes des spectateurs (ce qu’en secret j’espère).
Bref, dans tous les cas je raconterai la planète qui se meure et l’échec annoncé des vacances lunaires. Et si le Centre National d’Études Spatiales m’en donne les moyens, j’irai tourner une scène du projet en micro-gravité à bord de l’Airbus-zéroG.
Je parlerai (peut-être) de mes futurs enfants, je parlerai de la caractérisation des polluants dans les satellites, de l’île flottante de ma mère qui ne figure sur aucune carte. Quand on sait que ma mère est écotoxicologue, fan de science fiction et atteinte d’une déception chronique qu’aucun de ses enfants ne soient dans l’ISS à la place du beau Thomas Pesquet, cette île flottante devient fondamentale pour le projet.

Je ne chercherai pas à avoir d’interaction particulière avec la vidéoprojection de l’ISS, néanmoins le fait qu’elle provienne directement d’un streaming live (qui ne sera donc jamais le même) donnera à chaque représentation sa singularité, et permettra à mon texte d’être constamment rattaché au réel.

AJUSTER RÉCIT ET TECHNOLOGIE

La scène reste centrale dans ce projet. Les 91 min et 30 sec se dérouleront en grande partie sur scène, si ce n’est entièrement. Les médiums principaux utilisés sont Internet et plus particulièrement le streaming video web de la NASA, et ceux plus classiques du théâtre, à savoir le texte, le corps, le travail du comédien. Il m’intéresse autant d’ajuster le récit écrit et le corps à la technologie, que de soumettre les possibilités du web à une poésie dramatique.
Rien n’est défini pour l’instant mais avant de s’installer, les spectateurs seront peut-être invités à utiliser leur smartphone pour un début d’immersion textuel, visuel et musical. Une sorte de parcours numérique d’URL en URL. Parcours qui reflétera une partie de ma recherche pour le projet.