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YMOLEG³ (en chantier)

INSTALLATION CONNECTÉE, PARTICIPATIVE ET IMMERSIVE EN ESPACE PUBLIC

idée originale et conception Raphaël Gouisset
ingénieur réseau Maxime Douliba
accompagnement public Charlotte MicheIin, Loïc Rescaniere et Aurélien Serre
Soutien au prototypage : La Fabrique de Théâtre (La Bouverie, Belgique)
Dossiers complet

YMOLEG³ questionne la téléprésence, notre pratique du net et nos rapports aux big data.
« Aujourd’hui nous sommes de plus en plus alertés sur la nécessité de contrôler nos traces numériques et nous sommes censés avoir conscience des données que nous rendons publiques. Nous invoquons, à raison, le droit à une vie privée numérique, le droit à l’oubli. Toutefois nous sommes peu nombreux à lire les interminables et indigestes ‘‘conditions générales d’utilisation’ et autres ‘‘règles d’utilisation’’ des logiciels et services web que nous utilisons ».

YMOLEG³ invente un dispositif ludique qui interroge cette contradiction.

REGARDER LES GAFAS DANS LES YEUX

Pendant des sessions de 10 minutes environ, trois utilisateurs volontaires pénètrent dans les cubes et sont étiquetés ‘‘John Ymoleg’’, ‘‘Jane Ymoleg’’ et ‘‘Homme/Femme Électronique’’. Peu importe que John soit une femme ou que Jane soit un homme. Ces trois personnes sont chacune guidée par un comédien-accompagnateur qui leur propose de suivre un déroulé d’actions. Pour John et Jane Ymoleg c’est par exemple s’approprier leur profil Facebook, répondre à une question déterminée en se filmant avec une webcam, errer volontairement sur le web, etc.
Pour l’Homme/Femme Électronique, le déroulé consiste à ‘‘surveiller’’ Jane et John, et à l’aide de différentes interfaces web, d’interagir de manière ouverte ou non avec eux. Le déroulé proposé amène toujours à une rencontre virtuelle entre John et Jane sur une plateforme de chat dédiée.

Les ordinateurs utilisés par John et Jane pour surfer sur le web intègrent quelques subtilités techniques :

  • Une jauge d’humanité : symbole de l’aliénation à nos objets connectés et du ‘‘scoring’’ auquel nous sommes tous soumis. Cette jauge descend inexorablement, Jane et John ne peuvent que cliquer pour la remonter, si elle arrive à zéro toute sorte ‘‘d’évènements numériques’’ subviennent. L’Homme/Femmes Électronique peut manipuler cette jauge à distance.

  • Des popups : sous forme de messages d’alertes du système d’exploitation. Elles sont envoyées par l’Homme/Femme Électronique qui peut s’en servir pour transmettre des informations/injonctions à Jane et/ou John.

Dans les cubes de Jane et John se trouvent également une webcam, un écran et une enceinte. La webcam filme John et Jane, l’image est diffusée uniquement sur l’ordinateur de l’Homme/Femme Électronique. L’écran et l’enceinte servent à diffuser l’image et le son de l’Homme/Femme Électronique. Du texte peut également être diffusé sur cet écran qui n’est visible que par Jane et John. Les actions numériques de l’Homme/Femme Électronique restent ‘‘secrètes’’.

Enfin, l’installation YMOLEG³ produit ses propres ‘‘data’’ (données Facebook, recherches Google entassées par les utilisateurs de l’œuvre, photos, vidéos, etc), qui sont mises en question par le dispositif lui-même. En quelque sorte nous regardons les GAFA en train de nous observer !

DÉPLOYABLE AU QUATRE TROIS COINS DE LA PLANÈTE

L’installation est composées de 3 cubes d’environ 2m50 d’arête qui peuvent être déployés dans un, deux, ou trois lieux simultanément (trois étages d’un même bâtiment, trois quartiers d’une même ville, trois villages d’un même territoires…).

Ces cubes possèdent chacun une face transparente. À l’intérieur se trouvent des ordinateurs reliés à Internet. Les utilisateurs-volontaires qui choisissent de participer à l’œuvre pénètrent dans les cubes et utilisent les ordinateurs. Des retour-écrans sont disposés à destination du public resté à l’extérieur des cubes.

YMOLEG³ place les spectateurs et les utilisateurs de l’œuvre dans un rapport consenti d’exhibition et de voyeurisme :

  • Exhibition et voyeurisme du ‘‘réel’’ : les utilisateurs se retrouvent en position de ‘‘sujet observé’’ dans ces cubes aux faces transparentes.

  • Exhibition et voyeurisme du ‘‘numérique’’ : certains des écrans des ordinateurs utilisés sont retransmis pour les spectateurs extérieurs aux cubes et des flux webcam continus sont échangés entre les utilisateurs de l’œuvre.